Réseaux de chaleur
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Les réseaux de chaleur sont des infrastructures qui jouent un rôle majeur face aux enjeux de la transition énergétique. Systèmes de distribution de la chaleur, produite de façon centralisée, ils permettent de desservir plusieurs usager·ères, généralement à l’échelle d’un quartier. L’énergie distribuée via ces réseaux est produite localement, notamment à partir de sources d’énergies renouvelables ou de récupération.
Des réseaux de chaleur en développement dans les Hauts-de-France
En 2024, les Hauts-de-France comptent 108 réseaux de chaleur. Ces infrastructures continuent leur développement (33 installations en 2008, 86 installations en 2020). Ce nombre prend en compte à la fois les réseaux de chaleur juridiques (un réseau qui dessert plusieurs abonnés différents) et les réseaux de chaleur techniques biomasse (petits réseaux qui alimentent plusieurs bâtiments au sein d’une même entreprise ou organisme).
Dans le détail, il y a 59 réseaux de chaleur juridiques en 2024 en Hauts-de-France (référencés dans l’enquête annuelle des réseaux de chaleur), et 49 petits réseaux (réseaux juridiques pas encore référencés dans l’enquête nationale et réseaux techniques biomasse).
Ces réseaux de chaleur permettent de distribuer 1 722 GWh de chaleur nette auprès d’au moins 3 154 bâtiments. Ils desservent majoritairement les secteurs du résidentiel (46 %) et tertiaire (44 %). Corrigées des variations climatiques, les livraisons ont augmenté de 54 % en 2024 par rapport à 2008 (soit + 713 GWh), et de 7 % par rapport à l’année précédente 2023 (soit + 128 GWh).
Au total en 2024, ce sont 225 018 équivalents logements qui sont alimentés par des réseaux de chaleur, soit 73 763 équivalents logements supplémentaires par rapport à 2012. L’objectif défini dans le Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET) Hauts-de-France est de raccorder 100 000 équivalents logements supplémentaires d’ici à 2031 par rapport à 2012.
À noter : depuis 2022, il y a aussi un réseau de froid installé à Amiens. Celui-ci livre 1 GWh de froid en moyenne par an, desservant deux bâtiments en 2022 et cinq en 2024.
Les chiffres à retenir dans les Hauts-de-France
- 108
réseaux de chaleur
- 1 722 GWh
de chaleur livrée
- 68 %
part des énergies renouvelables et de récupération
Une décarbonation du mix énergétique des réseaux de chaleur qui s’accélère à partir de 2020
Le mix de production d’énergie des réseaux de chaleur dans la région est diversifié, avec trois grandes sources dominantes :
- la biomasse solide (bois-énergie) : 33,1 % ;
- le gaz naturel : 30,8 % ;
- la chaleur fatale provenant des unités de valorisation énergétique (UVE) : 27,2 %.
Les énergies fossiles qui alimentent ces réseaux sont progressivement remplacées par des sources renouvelables ou de récupération. Aujourd’hui, le taux d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) de l’ensemble des réseaux de chaleur de la région est de 68 % en 2024. Ce changement de mix est assez récent ; en effet, les réseaux étaient encore majoritairement alimentés par les énergies fossiles jusqu’en 2020 où le taux d’EnR&R était seulement de 42,3 %. Cette augmentation de la part EnR&R a pu se faire notamment grâce à la récupération de la chaleur fatale issue des unités de valorisation énergétique (UVE) – passant d’une part de 10 % en 2020 à 27 % en 2024.
Ces efforts de verdissement des réseaux ont permis d’atteindre l’objectif du Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET) qui visait une part d’EnR&R d’au moins 66% d’ici à 2031. Cependant, les efforts sont à poursuivre notamment en vue des nouveaux objectifs nationaux définis par la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3), publiée le 13 février 2026. Ces derniers sont d’atteindre en France une part de 75 % d’EnR&R dans les réseaux en 2030 et de 80 % en 2035.
Grâce à cette décarbonation du mix, le contenu CO2 moyen des réseaux de chaleur des Hauts-de-France a pu diminuer. Ainsi, le taux de CO2 en analyse du cycle de vie (ACV) est passé de 156 g CO2/kWh en 2020 à 118 g CO2/kWh en 2024. À titre de comparaison, ce taux est de 227 g CO2/kWh pour un réseau de chaleur alimenté par du gaz naturel et de 385 g CO2/kWh pour du charbon.




