Production d'énergies renouvelables
- article
Les énergies renouvelables sont produites localement et sont non délocalisables. Issues de phénomènes naturels, réguliers ou constants (vent, soleil, chaleur du sol…), elles sont considérées comme inépuisables. Utilisées en substitution d'énergies fossiles, elles permettent de diminuer d'autant les émissions de gaz à effet de serre. Le panel des énergies renouvelables est aussi riche que son potentiel de développement. De plus, leur production et leur utilisation engendrent des impacts environnementaux plus faibles que les énergies fossiles. Le point sur la situation dans les Hauts-de-France.
Substituer aux énergies fossiles des énergies renouvelables est une priorité majeure de toute politique relative au changement climatique ou à la transition énergétique, en parallèle d’une politique de sobriété. Ainsi, la France s'est fixée d'atteindre 33 % d'énergies renouvelables (ENR) dans la consommation énergétique totale à l'horizon 2030 (loi relative à l’énergie et au climat de 2019). L’objectif du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET) est d’atteindre 43,9 TWh de production d’ENR (comprenant les agrocarburants) en 2026 et 57,3 TWh en 2031.
Cependant, les Hauts-de-France sont presque dépourvus d'énergie hydroélectrique, et se trouvent donc en moindre capacité d'atteindre ces objectifs nationaux, établis en écho aux objectifs européens. Le panel d'énergies renouvelables se développe toutefois rapidement et les Hauts-de-France sont, en outre, les premiers producteurs d’éolien en France, suivis de la région Grand-Est et les seconds pour le biométhane injecté (données au 31/12/2025).
Bilan de production des énergies renouvelables en Hauts-de-France en 2023
Les filières d’énergies renouvelables considérées sont : le biogaz, le bois-énergie (domestique et issu des chaufferies collectives et industrielles), les déchets ménagers incinérés, l’éolien, l’hydraulique, les pompes à chaleur (aérothermiques et géothermiques), le solaire photovoltaïque et le solaire thermique.
À noter qu’à ce jour les agrocarburants ne sont pas comptabilisés dans le bilan de production des énergies renouvelables. L’approche disponible actuellement est une approche consommation. Le bilan des énergies renouvelables est ainsi sous-estimé.
En 2023, la première énergie renouvelable en région est l'éolien, suivi par le bois-énergie, puis plus loin par les pompes à chaleur (aérothermiques et géothermiques).
En 2023, près de 28 TWh d’énergies renouvelables ont été produits.
En treize ans, on estime que la production régionale d'énergies renouvelables (hors récupération et hors agrocarburants) a presque triplé passant de 10 TWh en 2010 à près de 28 TWh en 2023.
Le taux de couverture des ENR (total des ENR produites sur la consommation finale énergétique), hors agrocarburants, représente 14,3% en 2022 dans les Hauts-de-France.
Les évolutions les plus importantes concernant la production d’énergies renouvelables entre 2010 et 2023 se situent au niveau du solaire photovoltaïque (multiplication par 31,6), du biogaz (multiplication par 8,1) et de l’éolien (multiplication par 7,7).
La dernière année complète du bilan de production des énergies renouvelables compilée par l’Observatoire énergie-climat est 2023. Selon les filières, des données plus récentes peuvent être disponibles.
Zoom sur les énergies renouvelables électriques
La production totale d’électricité renouvelable en 2025 est d’environ 14 100 GWh. En 2024 et 2025 les productions sont plus faibles qu’en 2023, du fait de conditions de vents plus favorables pour l’année 2023, générant une production plus importante de la filière éolienne.
La première énergie renouvelable électrique en région est l'éolien. En 2025, cette filière compte pour 89% de l'ensemble des énergies renouvelables électriques, soit la quasi-totalité.
Analyses par filière
Biogaz
La filière est marquée par une dynamique à la hausse assez importante à partir de 2020, due à la production énergétique de biométhane injecté. Il est à noter qu'un ralentissement commence à se dessiner à partir de 2023, malgré des productions toujours à la hausse. La plus forte hausse a eu lieu entre 2020 et 2021.
Bois
La production énergétique de la filière bois-énergie est assez fluctuante d’une année à l’autre, cela pouvant s’expliquer par l’effet du climat. En effet, certaines années ont connu des températures plus clémentes que la normale impliquant une consommation / production de bois moindre. Les années concernées sont 2011 et celles depuis 2014 (hors 2016 et 2021).
En tenant compte des variations climatiques, le bois-énergie domestique reste sur les mêmes ordres de grandeur, avec plutôt une tendance à l’augmentation entre 2010 et 2017 et une tendance à la baisse entre 2018 et 2021, puis à nouveau une hausse en 2022. Cette dernière hausse peut en partie être expliquée par le nombre de ventes d’appareils domestiques de chauffage au bois qui a été plus important en 2022 par rapport autres années. La production d’énergie à partir du bois des chaufferies collectives et industrielles est par contre en constante augmentation, liée notamment à l'ouverture de nouvelles chaufferies.
Déchets ménagers incinérés
Une hausse importante de la production énergétique de la filière des déchets ménagers incinérés a eu lieu en 2020. Celle-ci s’explique par le raccordement des unités de valorisation énergétique (UVE) à des réseaux de chaleur et de la vente d’une partie de la chaleur produite. La production globale (électricité et chaleur vendus) est stable depuis 2021.
Éolien
La production totale d'électricité provenant de l'éolien terrestre s'est accrue de manière importante et quasiment continue depuis 2010 sur l'ensemble de la région. À noter que les conditions météorologiques des années 2020 et 2023 étaient favorables d'un point de vue des conditions de vent, les productions sont globalement plus importantes à ces dates.
Hydraulique
La production de la filière hydraulique est faible comparée à d'autres sources énergétiques, et plus variable dans le temps. Les variations observées s'expliquent par le fait que les installations régionales sont peu nombreuses et sont essentiellement de petites centrales au fil de l'eau, dont la production est fortement liée à la pluviométrie annuelle. Dans les Hauts-de-France, on parle plutôt d'installations micro-hydrauliques, d'où les disparités observées dans le bilan des énergies renouvelables. La région dispose de peu d’énergie hydraulique car elle est peu propice à l’implantation de centrales hydroélectriques (forte densité urbaine, absence de massif montagneux ou de cours d’eau). La région ne possède pas non plus de grands barrages.
Pompes à chaleur
La production énergétique des pompes à chaleur (PAC) aérothermiques air/air, air/eau et géothermiques est issue d’une modélisation à partir de données nationales de ventes, et ne reflète donc pas la complète réalité de terrain. La production est en croissance depuis 2010 mais il est à noter que le marché des PAC air/eau connaît une baisse depuis 2023, notamment à cause de la conjoncture économique. Les ventes de PAC air/air ont baissé en 2024 à cause des conditions climatiques (moins de fortes chaleurs estivales) et du contexte économique et politique défavorable. En 2024, les ventes de PAC géothermiques sont en baisse pour la première fois depuis 2020, après une augmentation en 2023. Le marché est malgré tout beaucoup plus faible que celui des PAC aérothermiques. Seules les pompes à chaleur individuelles, de puissance inférieure à 30 kW sont prises en compte actuellement dans le bilan.
Solaire photovoltaïque
La production énergétique de la filière solaire photovoltaïque est relativement faible en comparaison aux autres régions, à cause d’un ensoleillement moins marqué, mais ne cesse de progresser et a fortement augmenté depuis 2010 grâce aux dynamiques impulsées. Ces dernières années, le contexte géopolitique et économique a favorisé la filière.
Solaire thermique
La production énergétique de la filière solaire thermique est faible et stable. À noter qu’il est assez complexe d’obtenir des données précises sur la filière. Les données disponibles sont issues d’estimations provenant de sources nationales.




